Message de l’Ambassadrice de France en Belgique

 

Bruxelles, le 20 avril 2020

Chers compatriotes,

Dans le contexte de crise mondiale liée à l’épidémie de covid-19, je souhaite vous redire la mobilisation pleine et entière des services de l’ambassade de France en Belgique.

La recommandation générale qui vous a été faite d’éviter les contacts et les déplacements internationaux et de rester chez vous demeure plus que jamais d’actualité : c’est ainsi que nous pourrons contribuer ensemble à stopper la propagation du virus.

Les précautions à prendre, vous les connaissez : se laver les mains très régulièrement, tousser ou éternuer dans son coude, utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter, saluer sans se serrer la main et éviter les embrassades.

Je vous invite à vous conformer strictement à la règlementation en vigueur en Belgique et aux consignes données par les autorités belges.

Si vous avez autour de vous des Français qui ne seraient pas inscrits au Registre des Français établis hors de France, incitez-les s’il vous plait à s’inscrire, pour que nous soyons en contact avec le maximum d’entre vous.

Dans les circonstances difficiles que nous traversons, notre priorité est de maintenir la continuité du service public, de renforcer le dispositif de bourses scolaires et d’aide sociale en faveur de nos compatriotes les plus vulnérables, et de mettre au point un plan d’urgence pour le réseau d’EFE.

Nous avons adapté nos procédures et nos calendriers pour garantir le versement des aides sociales et la tenue des commissions de bourses scolaires.
Nous avons fait le nécessaire pour que celles et ceux d’entre vous qui dépendent d’un système de retraite français continuent de percevoir leur pension même s’ils ne peuvent pas produire de certificat d’existence.

Les services du Consulat général de France à Bruxelles restent naturellement disponibles pour répondre aux situations d’urgence que vous pourriez rencontrer.

Je vous invite, chers compatriotes, à continuer de faire preuve de sérénité et de solidarité dans cette période inédite.
Je suis convaincue que nous saurons, ensemble, surmonter cette épreuve.

Prenez soin de vous et de vos proches.

Hélène Farnaud-Defromont

Ambassadrice de France en Belgique

 

https://be.ambafrance.org/Message-de-l-Ambassadrice-de-France-en-Belgique

 

 

Des dérogations liées à l’interdiction progressive du diesel prévues en Wallonie.

Suite à l’adoption du décret destiné à fixer un cadre pour lutter contre les polluants atmosphériques et les particules fines liées à la circulation des véhicules thermiques, les dispositions wallonnes prévoient des dérogations notamment pour les véhicules spécifiques (véhicules prioritaires, des forces armées, utilisés en situation d’urgence, etc.), les véhicules adaptés au transport de personnes handicapées ou enocre les véhicules qui parcourent moins de 3 000 km par an.

Enfin, une disposition est mise en œuvre concernant des véhicules plus récents (au moins EURO 4) qui auraient été acquis avant la date du 1er janvier 2019. Ces derniers véhicules pourront continuer à circuler pendant une durée complémentaire fixée par le Gouvernement, pour autant qu’ils ne soient pas cédés à un tiers.

Des dérogations ponctuelles pourront également être accordées en cas de situations exceptionnelles et limitées dans le temps.

Contexte global

La pollution de l’air cause plus de 400 000 décès prématurés en Europe dont 9.300 pour la Belgique ainsi que bon nombre de maladies et affections respiratoires et problèmes cardiovasculaires. Au fil du temps, le transport est devenu la source émettrice principale. 48 % lui sont imputables dont plus de 60 % aux véhicules diesel.

Ce décret contribuera aussi à atteindre les obligations européennes qui imposent notamment de réduire de 59 % les émissions de NOx d’ici 2030 par rapport à 2005.

5000 emplois chauffeurs routiers vacants.

La Fédération royale belge des Transporteurs et des Prestataires de services logistiques, doit faire face à une pénurie de chauffeurs routiers. Chaque jour, la liste de demande augmente à une vitesse grand V. Il y aurait aujourd’hui près de 5000 emplois vacants dans le secteur et les candidats se font attendre.

D’ampleur national, le problème met en avant la solution d’un plan de recrutement déjà mis en place. Chauffeur routier, un métier, qui lui, est porteur d’emplois, est face à une véritable demande constante de service qui n’attend donc que de nombreux candidats.

Les principaux partis politiques de Belgique.

La famille libérale

Le parti libéral a été créé en 1846.

Anticlérical à l’origine, il est devenu (avec l’estompement du clivage « État/Eglise » à la fin des années 1950’) une formation politique marquée avant tout par le clivage socio-économique.

La famille libérale a implosé en 1970. Les deux partis libéraux actuels sont:

  • logos-politique.jpg Le Mouvement Réformateur (MR)
  • logos-politique.jpg L’Open VLD (Vlaamse Liberalen en Democraten)

La famille sociale-chrétienne

La famille catholique a dominé la vie politique belge en participant à presque toutes les coalitions gouvernementales entre 1884 et 1999. La tendance contemporaine a été, cependant, à l’affaiblissement, celle-ci ayant été dans l’opposition entre 1999 et 2008.

Son implantation est plus forte au nord du pays (Flandre) qu’au Sud (Wallonie).

La famille sociale-chrétienne s’est scindée en 1968. Les deux formations sont actuellement:

  • logos-politique.jpg Le Centre Démocrate Humaniste (CDH)
  • logos-politique.jpg Le Christen-Democratisch en Vlaams partij (CD&V)

Du côté néerlandophone, le parti (CD&V) reste un parti à référence chrétienne (mais non exclusivement catholique) tandis que du côté francophone, le parti (CDH) a abandonné la référence chrétienne et revendique un pluralisme en la matière.

La famille socialiste

La famille socialiste est née en 1885 avec la création du Parti Ouvrier Belge (POB). Son implantation est beaucoup plus forte au sud (Wallonie) qu’au nord (Flandre) du pays.

Les socialistes ont cessé d’être unis en 1978. Les deux partis socialistes sont actuellement

  • logos-politique.jpgle Parti socialiste (PS)
  • logos-politique.jpg  Socialisten en progressieven anders (SP.A)

La famille écologiste

Dans un contexte de société de consommation, de montée de nouvelles questions éthiques (notamment autour des bio-technologies: OGM…) et de multiplication des enjeux environnementaux, les partis écologistes luttent contre l’idéal de la consommation, la poursuite sans répit de la croissance économique et les problèmes d’environnement, de santé et de cadre de vie, engendrés, selon eux, par le fonctionnement actuel de la société.

Les partis écologistes belges sont:

  • logos-politique.jpg Ecolo (1980)
  • logos-politique.jpg Groen! (1979)

Les partis communautaires

Certains partis portent des revendications particulièrement communautaires (engagement en faveur d’une communauté culturelle et linguistique). Actuellement ce sont:

Du côté francophone:

  • Logo parti Défi Démocrates Fédéralistes Indépendants (DEFI)
    DEFI (ex-FDF) est né en 1964 avec pour objectif de défendre les intérêts des Bruxellois francophones.

Du côté néerlandophone:

  • logos-politique.jpg Nieuw-Vlaamse Alliantie (NVA)
  • logos-politique.jpg Lijst Dedecker (LDD)

Les partis d’extrême droite

Le « Vlaams Belang » (VB) a été créé en 1978. Il défendait, au départ, une position nationaliste flamande puis s’est ouvert progressivement aux thèmes classiques de l’extrême-droite (lutte contre l’immigration, etc… Il pèse un poids politique important en Flandre (contrairement à l’extrême droite francophone: le Front national (FN).

En 2004, le VB a été déclaré « parti raciste et xénophobe » par la Cour d’Appel de Gand.

Les principales caractéristiques des partis politiques Belges.

Les familles idéologiques sont divisées en fonction de la langue: Jusqu’à la fin des années 70’, les partis étaient nationaux. Ils ont éclaté en raison des conflits communautaires. Il n’y a donc plus de grands partis nationaux. Chaque famille idéologique compte désormais deux partis: un francophone et un néerlandophone.
Cette scission sur base linguistique atteste l’importance des différends qui opposent les deux grandes communautés, et renforce même ces différends de manière mécanique, chaque parti au sein d’une même famille de pensée s’adressant à un électorat spécifique, néerlandophone ou francophone.

Les différences entre les familles politiques sont moins tranchées que dans le passé, même si elles existent encore.

Le système politique belge est « pluripartiste », cela signifie qu’un grand nombre de partis politiques sont parfois en compétition lors des élections.

Trois des familles politiques sont liées étroitement à l’histoire du pays, la famille libérale, la sociale-chrétienne et la socialiste.

Les familles libérale, sociale-chrétienne et socialiste présentent comme caractéristique commune d’avoir développé un plus ou moins grand nombre, selon les cas, d’organisations satellites: mutuelles, syndicats, organisations de jeunesse, associations d’éducation permanente… Il s’agit de ce que l’on appelle le système de piliers (pilier chrétien, socialiste et libéral).

Le clivage centre-périphérie en Belgique : le clivage linguistique – communautaire (néerlandophones/francophones)

L’éolien en mer se développe en Europe.

La première éolienne offshore française flottante, installée au large du Croisic (Loire-Atlantique), a déjà commencé à alimenter le réseau électrique en septembre 2018 et permettra donc d’alimenter en électricité l’équivalent de 5 000 habitants.

Soutenu par l’Union européenne, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et la région Pays de la Loire, cette première éolienne marine en France, de taille modeste par rapport à celles qui seront amenées à lui succéder, a la particularité d’être flottante, une technique encore émergente. Équipée d’une turbine de deux mégawatts, elle repose sur un flotteur de forme carrée et de couleur jaune, ancré au fond marin par des câbles en nylon, une fibre synthétique élastique et non corrodable.

Quatre parcs pilotes sont actuellement en développement en France, dans le cadre de la transition énergétique. Trois sont prévus en Méditerranée et un en Bretagne, au large de Groix. L’Europe compte plus de 4 000 éoliennes offshores en activité, dont en mer du Nord, en Belgique, par exemple, et qui fournissent de l’électricité à un million de ménages belges. La capacité éolienne totale en mer belge s’élève donc à 1.119 mégawatts (MW), ce qui correspond à une production annuelle d’électricité de 4.030 gigawattheures (GWh). Le cap d’un million de ménages fournis en électricité produite en mer du Nord a ainsi été franchi. À titre de comparaison, la Belgique compte 4,8 millions de familles. La Belgian Offshore Platform souligne aussi, que la croissance du secteur éolien devrait permettre de générer, jusqu’en 2030, entre 15.000 et 16.000 emplois directs et indirects en Belgique, en Europe et à l’international. En Belgique, c’est aussi 85% de la population favorable à l’éolien en mer.

Une ferme éolienne de 87 turbines au total en mer d’Irlande a démarré en septembre 2018, sur une superficie supérieure à la taille de Paris, soit l’équivalent de 20 000 terrains de football mis côte à côte. Le tout, situé à Walney , au large de Barrow in Furness, à 30 kilomètres des côtes anglaises, au nord du pays, entre l’Angleterre et l’Irlande du Nord. Cet ensemble peut donc fournir 659 mégawatts, soit près de 600 000 foyers. Le Royaume-Uni, leader dans le monde dans ce domaine, possède désormais 1 750 turbines éoliennes offshore : en mer d’Irlande, en mer du Nord, dans l’estuaire de la Tamise aussi. L’éolien produit désormais plus d’électricité que le nucléaire en Grande-Bretagne. Surtout, il est de plus en plus rentable avec des turbines de plus en plus puissantes. Ce que l’on appelle son « coût de rachat » a baissé de moitié en quelques années chez nos voisins. Résultat : à lui seul l’éolien en mer produit 10% de l’électricité au Royaume-Uni.

Il y a maintenant 11 pays concernés en Europe. Cela veut dire plus de 4 000 turbines au total réparties en une centaine de fermes. En 10 ans, cette source d’énergie a été multipliée par 10 en Europe. Après le Royaume-Uni, il y a l’Allemagne, mais aussi le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède, la Norvège, l’Irlande, l’Espagne, etc. Bref tout le monde en Europe sur la côte Atlantique et la mer du Nord, sauf… le Portugal et la France. Avec plus de 11 millions de km2 d’espace océanique sous sa juridiction en métropole et dans les outre-mer – soit le deuxième domaine maritime après celui des Etats-Unis –, la France dispose d’un gisement d’ « or bleu » presque inépuisable. Il reste pourtant, à ce jour, inexploité.

 

éolien en mer

la BD, en Belgique; L’un des fleurons de sa culture.

bd belges

La Belgique a une grande tradition de production de bandes dessinées et reconnaît la BD comme l’un des fleurons de sa culture. Un des témoignages fondateurs de cet attachement est la création du « Centre Belge de la Bande Dessinée », un des musées-phares de la capitale depuis 1989, qui accueille environ 200 000 visiteurs par an. Dans le pays, les expositions et festivals sont légion, les librairies spécialisées sont nombreuses et les murs même de Bruxelles sont ornés de fresques mettant à l’honneur certains héros du neuvième art.

Aux origines de la BD belge: Tintin

La naissance de Tintin

Au début du 20ième siècle, la production de bandes dessinées est destinée clairement à la jeunesse. Dans ce domaine, le marché belge est saturé par les productions françaises. Toutefois, cette situation va se modifier à partir des années 1920, époque à partir de laquelle, côté belge francophone, des journaux catholiques (« Petits Belges », « Le petit Vingtième ») vont prendre le relais, profitant du formidable réseau des écoles catholiques.

C’est dans « Le petit Vingtième » (le supplément hebdomadaire pour les enfants publié par le journal « Le XXe Siècle »), que va apparaître pour la première fois l’emblème de la bande dessinée belge: le reporter Tintin, créé par le dessinateur Hergé (1907-1983).

« Le XXe siècle » est un quotidien résolument catholique et conservateur dont le titre même reflète l’actualité du siècle nouveau. Parmi ses héros figurent les grands reporters de l’époque, ces correspondants à l’étranger qui allient finesse et esprit d’initiative, talent littéraire et sens de l’analyse . Ils se retrouvent souvent au cœur de l’information, tout comme ce sera le cas de Tintin par la suite…

Ses premières aventures

C’est le 10 janvier 1929 que commence la carrière de Tintin (comme reporter du « Petit Vingtième »). Pour sa première mission il est envoyé comme correspondant en Union soviétique. Le choix de cette destination n’est pas d’Hergé (qui était plutôt fasciné par les Etats-Unis) mais bien celui du rédacteur en chef du journal « Le XXe siècle », l’abbé Wallez, qui y voit l’occasion de faire une critique acerbe du communisme. Ce sera les aventures de « Tintin au pays des Soviets ». Elaborant son récit semaine après semaine (chaque numéro du « Petit Vingtième » comportant un épisode), Hergé essaie de nouvelles idées, expérimente de nouvelles formules. Il est influencé par les « comic strips » américains de l’époque dont il apprécie l’extrême clarté. Dans l’histoire de la BD, « Tintin au pays des Soviets » occupe une place particulière: les mots sortent directement de la bouche des personnages. Les phylactères (les bulles) intègrent la parole et la pensée au dessin.

En 1930, c’est au Congo (et toujours pas en Amérique comme Hergé l’aurait souhaité) que va se rendre le reporter, toujours à la demande de l’abbé Wallez, désireux de promouvoir la colonie belge et de susciter l’intérêt des jeunes lecteurs à l’égard de celle-ci. On retrouve dans les aventures de « Tintin au Congo », une série de clichés colonialistes. Tintin incarne la mentalité coloniale qui prévaut à l’époque, une mentalité dominée par le sentiment de supériorité et le paternalisme. L’album (publié après la parution du dernier épisode dans le « Petit Vingtième », pratique qui continuera par la suite) met clairement en évidence les préjugés que les Européens nourrissaient à l’égard des Africains décrits comme des grands enfants ignorants, paresseux et superstitieux. Par ailleurs, cet album témoigne également du peu de respect que l’on avait à l’époque à l’égard de la faune: Tintin fauche des antilopes, tue un singe pour sa peau, blesse un éléphant, fait exploser un rhinocéros, assomme un buffle… A l’inverse des albums ultérieurs, cet album va connaître, de par le sujet même qu’il traite, une carrière en dents de scie. Entré en disgrâce au moment de la décolonisation, il va réapparaître dans une revue zaïroise quelques années après, ce qui va entraîner son retour en librairie, en 1970, en Europe et dans le monde.

Le troisième album des aventures de Tintin, publié en noir et blanc en 1932, se passe (enfin) en Amérique. « Tintin en Amérique » porte un triste regard sur la condition à laquelle la « civilisation » de l’homme blanc a réduit les Indiens, décrits comme crédules face à des Blancs sans scrupules. La vision qu’Hergé en a est celle d’hommes fiers mais exploités (et ce, à une époque où les Indiens sont encore très fréquemment décrits dans les westerns comme des êtres cruels et violents, des ennemis que l’on doit soumettre). Cet album est également l’occasion pour Hergé de critiquer les dérives de la société américaine: le développement capitaliste à outrance, les villes paralysées par le trafic automobile, la société de consommation, etc (sans parler du crime organisé).

Des albums marqués par l’actualité de l’époque

Son cinquième album, « Le lotus bleu » (1936), est quant à lui généralement considéré comme un de ses meilleurs, voire comme le meilleur. Il est né de la rencontre faite par Hergé avec un jeune Chinois (âgé de 27 ans comme Hergé), étudiant la sculpture à l’Académie des Beaux-Arts à Bruxelles. Jusqu’alors, les pays où Tintin s’était rendu et leurs populations répondaient à l’image souvent proche de la caricature qu’on s’en faisait dans les années 1920-1930. Avec la rencontre de Tchang, ce sera tout différent. Leurs longues discussions vont donner à Hergé une idée bien différente de la Chine que ce qu’en disaient les journaux. Parlant de cette époque, il dira: « C’est à partir de ce moment-là que je me suis mis à (…) m’intéresser vraiment aux gens et aux pays vers lesquels j’envoyais Tintin (…) ». C’est Tchang qui ouvre les yeux d’Hergé sur la situation politique en Extrême-Orient et sur les ambitions impérialistes du Japon à l’époque. Pour la première fois dans ses albums, l’actualité et la politique jouent un rôle important dans l’intrigue. Hergé prend politiquement position et critique sans ménagement le Japon et sa politique expansionniste (pareille satire politique était inattendue dans le supplément hebdomadaire pour la jeunesse d’un journal catholique). Mais il n’est pas tendre non plus avec la « concession internationale », pourrie, corrompue, uniquement préoccupée de la défense de ses intérêts commerciaux.

Par la suite, dans ses autres albums, l’actualité continuera à jouer un rôle important dans l’intrigue (comme dans « L’oreille cassée » (1937), premier des albums qui se passent en Amérique du Sud, et qui est l’occasion de dénoncer les dictatures militaires, le pouvoir de manipulation des superpuissances, de la haute finance internationale et du commerce des armes qui y règnent), mais Hergé aura tendance généralement à camoufler les pays en cause en leur donnant un nom imaginaire. Dans « Le Sceptre d’Ottokar » (1939), Hergé décrit l’expansionnisme fasciste qui s’exerce aux dépends de la Syldavie. La comparaison avec l’actualité de l’époque est aisée (annexion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie par les Nazis).

Tintin durant la 2ième guerre mondiale

Durant la guerre, les épisodes des aventures de Tintin vont être publiés dans le journal Le Soir qui est à l’époque sous la coupe de l’occupant nazi. Le choix d’Hergé de continuer à publier dans un tel contexte lui sera durement reproché au lendemain de la guerre.

C’est de cette époque que date notamment « Le crabe aux pinces d’or » (1941), dernier album à être publié dans sa version originale en noir et blanc et où l’on voit l’arrivée d’un nouveau personnage, le capitaine Haddock (dont le caractère se situe à l’opposé de celui de Tintin).

Contraint, du fait de l’occupation allemande, de ne pas pouvoir trop coller à l’actualité, Hergé va porter davantage son attention sur ses personnages qui vont prendre, à partir de cette époque-là, le pas sur les pays et régions où va se rendre Tintin. Dans « L’étoile mystérieuse » (1942), Hergé ne cherche cependant pas à esquiver l’ambiance qui règne à l’époque. Les premières pages imposent un climat sinistre: les rats pris de panique sortent des égouts, les pneus des voitures explosent, des prophètes errent dans les rues annonçant le malheur… Bref, c’est une ambiance de « fin du monde ». C’est la plus inquiétante de toutes les aventures de Tintin.

Dans les deux albums qui vont suivre, l’ambiance va être toute autre. « Le Secret de la Licorne » (1943) (livre qu’Hergé considérera pendant longtemps comme sa plus belle réalisation) et sa suite, « Le Trésor de Rackham le Rouge » (1944) (album dans lequel apparaît pour la première fois le personnage du Professeur Tournesol, inspiré du brillant physicien et inventeur suisse Auguste Picard) plongent le lecteur dans une ambiance de chasse au trésor. Mais, dans l’album qu’il commence en décembre 1943, « Les 7 Boules de cristal », c’est à nouveau un voile de malheur (qui correspond bien au contexte de l’époque) qui enveloppe cette histoire policière.

Tintin et l’exploration de l’espace

Après la guerre, Hergé va s’intéresser notamment à l’exploration de l’espace, sujet que l’on retrouve dans « Objectif lune » (1953) et sa suite, « On a marché sur la lune » (1954). L’exactitude quasi prophétique de cette histoire est due d’une part à l’important travail préparatoire de recherche et de documentation et d’autre part au refus d’Hergé de tout ce qui aurait pu relever de l’imaginaire ou du fantastique.

Bien d’autres albums suivront et ce, jusqu’à sa mort en 1983. Le succès des aventures de Tintin sera planétaire.

D’autres personnages créés par Hergé

Mais, si Tintin est indéniablement la plus connue des créatures d’Hergé, il en compte d’autres. Il va notamment créer, en effet, les personnages de « Quick et Flupke » (1930) et « Jo, Zette et Jocko » (1935).

Dans le sillage d’Hergé

A partir de la création de Tintin va se développer tout un appareil de production de la bande dessinée (BD) en Belgique.

En 1938 naissent les personnages de « Spirou » (créé par le Français Rob-Vel) et de « Tif et Tondu » (créé par Fernand Dineur (1904-1956)) qui vont revivre sous la plume d’autres dessinateurs après la guerre

La BD belge est un courant puissant au point que jusque dans les années 1960, elle va dominer la BD francophone. En effet, après la seconde guerre mondiale, les lois françaises sur les publications pour la jeunesse, qui limitent fortement la liberté d’expression des créateurs, vont favoriser les auteurs belges, ceux-ci ayant souvent été formés dans des journaux d’obédience catholique et connaissant donc les recettes du « moralement correct ».

Mais cette percée sur le marché français va avoir pour effet (pour des raisons commerciales) un abandon progressif des référents belges au profit d’une « francisation ». C’est ainsi que, dès les années cinquante, les maisons d’édition wallonnes et bruxelloises vont stimuler les auteurs belges à faire référence aux standards français (les uniformes, les panneaux de signalisation etc vont adopter les critères français).

Cela ne va cependant pas empêcher certains auteurs de continuer à faire allusion à leur pays d’origine que ce soit par le biais des paysages représentés (comme les décors de la série « Johan et Pirlouit » de Peyo) ou des langues parlées (comme les langues parlées chez certaines tribus exotiques de la série « Natacha » de François Walthéry (souvent du wallon ou du picard) ou dans les albums de « Tintin » où l’on retrouve des expressions typiques du dialecte bruxellois).

D’autres héros de BD vont ainsi progressivement voir le jour en Belgique: Bob et Bobette (1945), Blake et Mortimer (1946), Lucky Luke (1947), Félix (1949), Bob Morane (1953), Modeste et Pompon (1955), Gaston Lagaffe (1957), Les Schtroumpfs (1958), Boule et Bill (1959), Achille Talon (1963), Ric Hochet (1964), Cubitus (1968), Les Tuniques bleues (1968), Natacha(1970), « Yoko Tsuno » (1970) …

Les deux grands courants de la BD belge

La production belge est alors tellement importante qu’elle se laisse structurer autour de 2 grands courants: La ligne claire et L’Ecole de Macinelle.

La ligne claire

La ligne claire est incarnée par Hergé et diffusée dans le journal Tintin qui voit le jour en 1946 (et les éditions Casterman).

Hergé va s’entourer d’une impressionnante équipe parmi laquelle on trouve notamment Edgard Pierre Jacobs (1904-1987) qui va créer, par la suite, les personnages de « Blake et Mortimer » et le dessinateur Bob De Moor (1925-1992) qui va être le créateur, notamment des séries « Barelli » et « Cori le moussaillon ».

Willy Vandersteen (1913-1990), le créateur de « Bob et Bobette » mais également d’autres séries dont « Robert et Bertrand », va également collaborer au journal Tintin, tout comme Raymond Macherot (1924-2008), créateur notamment de la série « Chlorophylle ».

La ligne claire est marquée notamment par la clarté du dessin qui se caractérise par une grande stylisation des seuls éléments signifiants, par l’utilisation d’aplats de couleurs pures et des contours de personnages bien détourés.

L’Ecole de Marcinelle

L’Ecole de Macinelle est diffusée dans le journal Spirou (et les éditions Dupuis)

Cette « Ecole » est incarnée par André Franquin (1924-1997). Il sera l’auteur, notamment, de « Spirou et Fantasio », série dans laquelle va apparaître (en 1952) le « Marsupilami » (animal imaginaire mesurant environ un mètre, jaune avec des taches noires et doté d’une force herculéenne et d’une queue démesurée). Franquin est aussi le créateur des personnages de « Gaston Lagaffe » et de « Modeste et Pompon » et est à l’origine de la série « Les idées noires ».

Le journal Spirou avait été créé en 1938 mais ce n’est qu’à partir des années d’après-guerre qu’il va acquérir ses lettres de noblesse, avec une impressionnante pléthore d’individualités parmi lesquelles Jijé (1914-1980) qui dessinera notamment la série « Jean Valhardi » (scénario de Jean Doisy (1899 -1955)); Will (1927-2000) qui collaborera, comme dessinateur, à de nombreuses séries; Morris (1923-2001), le père de « Lucky Luke »; Maurice Tillieux (1921-1978), créateur notamment des séries « Félix », « Gil Jourdan » et « César »; Jean Roba (1930-2006) à qui l’on doit « Boule et Bill »; Peyo (1928-1992), le père des célèbres « Schtroumpfs » mais aussi (notamment) de « Johan et Pirlouit » et de « Benoît Brisefer »; Dupa (1945-2000), le créateur de « Cubitus »; François Walthéry (1946), le père de « Natacha » .

D’autres dessinateurs et scénaristes

Comme autres dessinateurs et scénaristes de cette époque, on peut notamment citer Marc Sleen (1922), auteur notamment de la série « Néron »; Jean-Michel Charlier (1924-1989), scénariste prolifique à qui l’on doit notamment « Les Aventures de Buck Danny » (dessin de Victor Hubinon (1924-1979)) ; Jef Nys (1927-2009), créateur de la série « Gil et Jo »; Roger Leloup, le créateur de la série « Yoko Tsuno » (1933) ; Didier Comès (1942-2013), auteur notamment des albums «Silence » et « La Belette », des histoires qui se passent dans les Ardennes; sans oublier le dessinateur William Vance(1935) qui va créer notamment XIII sur base d’un scénario de Jean Van Hamme (1939) qui sera également le scénariste des séries « Les Maîtres de l’Orge », « Thorgall » et « Largo Winch » (dont les dessins sont de Philippe Francq (1960)).

Les 3 scénaristes, Michel Greg (1931-1999), Raoul Cauvin (1938) et André-Paul Duchâteau (1925) vont, quant à eux, dominer les années 1970 et 1980 avec de très nombreuses séries à leur actif.

Enfin, on peut également citer Francis Carin (1950), dessinateur entre autre de la série « Victor Sackville » (écrite par le scénariste français François Rivière en compagnie de Gabrielle Borile) ; Philippe Geluck (1954) qui a créé « Le Chat »; André Geerts (1955-2010), auteur des séries « Jojo » et « Mademoiselle Louise »; Jean-Claude Servais (1956) dont l’univers est la campagne du début du 20ième siècle ou bien encore de sa région, la Gaume ; François Schuiten (1956), auteur notamment de la série « Les Cités obscures » réalisée avec le scénariste Benoît Peeters (1956) ; Frédéric Jannin(1956), auteur notamment des séries « Germain et nous », « Les Démêlés d’Arnest Ringard et d’Augraphie » … Mais cette liste est loin d’être exhaustive…

Quant aux séries qui ont fait la force de l’école belge comme « Lucky Luke », « Spirou et Fantasio » ou les « Schtroumphfs», elles continuent à paraître sous d’autres plumes alors que leur créateur ont disparu.

Belgique ; Comment forme-t-on un gouvernement fédéral?

Plusieurs semaines avant les élections, le gouvernement sortant entre dans une période dite « d’affaires courantes ». Les ministres continuent à gérer leur portefeuille et les dossiers déjà engagés. Mais en principe, ils évitent d’ouvrir des dossiers qui pourraient avoir des conséquences pour le futur gouvernement. Ensuite, on entre dans la période des « affaires prudentes ».

Jusqu’au dernier jour avant la prestation de serment devant le Roi du futur gouvernement, les anciens ministres restent en place. Ils peuvent être appelés à agir en cas d’urgence ou d’affaire grave, comme une catastrophe importante ou une déclaration de guerre par exemple

Désignation d’un « informateur »

Au lendemain des élections et dès les résultats définitifs connus et vérifiés, le Roi convoque les représentants des partis qui ont gagné les élections. Le souverain dispose de deux critères pour désigner les vainqueurs. Soit le nombre de sièges obtenus au Parlement par chaque parti. Soit le nombre de voix  recueillies par eux. Cela dépend surtout de l’écart qui existe entre les différents partis. La Belgique étant un État fédéral, elle est aussi composée de deux communautés linguistiques. Le Roi doit donc tenir compte des résultats dans les deux parties du pays.

Pour préserver l’équilibre entre toutes les composantes du pays, le Roi va d’abord désigner un informateur. Il s’agit d’un homme politique expérimenté et influent qui va devoir consulter tous les présidents de partis, même ceux qui sont considérés comme perdants dans ces élections. Il va tâter le terrain et essayer de voir quels partis pourraient éventuellement former une coalition. Il va aussi consulter ce qu’on appelle les forces vives du pays: les syndicats, les organisations patronales, les grandes entreprises publiques et les représentants du monde associatif et culturel. Bref, tous ceux qui peuvent lui donner des informations sur la situation économique et sociale du pays, mais aussi sur les sentiments de l’opinion publique.

Au terme de ces consultations, l’informateur va établir un rapport sur l’état du pays. Il va épingler les priorités qui semblent se dégager et qu’il faudrait suivre dans le programme du prochain gouvernement.

Désignation d’un « formateur » (pour former un gouvernement)

Le Roi désigne alors un formateur. Généralement, ce n’est pas la même personne que l’informateur. Le formateur va, lui aussi, consulter beaucoup de monde, surtout les partis susceptibles de former une coalition. Il va tenter de les mettre d’accord sur les grandes lignes d’une déclaration gouvernementale. Ce texte va servir de base au travail du gouvernement durant les 4 ans que va durer la législature.

En général, le formateur parvient alors former un gouvernement sur papier. En principe, ce gouvernement est d’accord pour pratiquer une même politique et pour désigner les personnalités qui occuperont les différents ministères. Ce dernier point est très important parce que les ministres de la Justice, des Finances, de la Santé ou des Affaires étrangères ont beaucoup d’influence dans le gouvernement. Le Roi va donc approuver la proposition du formateur et éventuellement le désigner comme Premier Ministre. Il  deviendra alors le nouveau chef du gouvernement.

Le clivage socio-économique Belge : possédants/travailleurs (gauche/droite)

Au milieu du XIXème siècle, la Belgique s’impose comme l’une des plus grandes puissances industrielles  du monde. Mais cette forte croissance n’engendre pas une juste redistribution des richesses produites. Le fossé se creuse très vite entre une bourgeoisie de plus en plus riche et une population ouvrière dont les  conditions de vie sont parmi les plus mauvaises d’Europe (misère effroyable, journées de travail  interminables, salaires ridiculement bas, cadences de travail infernales), sans compter qu’elle n’a pas le  droit de vote. Cette exploitation encourage la naissance d’un puissant mouvement ouvrier qui va, petit à  petit, s’imposer sur la scène politique. Les ouvriers vont s’organiser dans des sociétés d’entraide et des  mutualités. En 1885, le Parti Ouvrier belge (POB), ancêtre du Parti socialiste, voit le jour. Aux deux grands  partis bourgeois, que sont le parti catholique et le parti libéral, s’oppose alors un parti ouvrier qui va d’emblée lutter pour l’extension du droit de vote. Dans ce sillage, l’Église catholique va commencer à  s’intéresser au sort de la classe ouvrière et jeter les bases du mouvement ouvrier chrétien.

Les premières conventions collectives portant sur les conditions de travail et de salaires sont signées en 1919. D’autres lois sociales sont votées en 1936. Mais, la protection effective des travailleurs ne sera  assurée qu’en 1945, après la 2ième guerre mondiale, avec la mise en place de la sécurité sociale (la « Sécu »), système basé sur « la solidarité de tous pour tous » grâce auquel chaque travailleur peut bénéficier  de l’assurance maladie-invalidité, d’allocations familiales s’il a des enfants, d’indemnités de chômage s’il  perd son emploi et d’une pension lorsqu’il atteint l’âge de la retraite. Le budget de la « sécu » est financé  essentiellement par les cotisations versées par les travailleurs et les employeurs. La sécu est un des  grands acquis du combat syndical. Elle est le produit d’une concertation entre le monde patronal et le  monde syndical (le Pacte social de 1944) qui est devenue, depuis, un véritable modèle du genre. Cette  concertation se déroule aujourd’hui à tous les niveaux de la vie économique: de l’entreprise (conseil  d’entreprise…) à l’État (accord interprofessionnel qui dessine tous les 2 ans le cadre social minimum dans  lequel vivront les acteurs sociaux).

Ce clivage est toujours d’actualité aujourd’hui. D’aucuns veulent, notamment pour des questions  budgétaires (la sécurité sociale a un coût très élevé: les gens vivent de plus en plus vieux et le nombre de  personnes actives diminue) revenir sur certains de ces acquis. S’ajoute à cela le difficile problème de la  lutte contre le chômage qui frappe plusieurs centaines de milliers de personnes en Belgique. Enfin, il  convient de ne pas oublier le contexte mondial actuel marqué par la montée en puissance du capitalisme  financier et de politiques de dérégulation et de libération.